Innovation 02/09/2020

AG assure le premier véhicule autonome qui circule en conditions réelles en Belgique


La technologie des voitures autonomes ne cesse de s'améliorer. En Belgique aussi, une série de tests sont en cours depuis plusieurs années dans un environnement sans circulation. Avec la mise en service d'Olli 2.0, l'hôpital AZ Maria Middelares de Gand réalise une grande première en Belgique : la mise à disposition d'une navette autonome en conditions de circulation réelles. AG assure la responsabilité de cette navette et saisit cette opportunité pour acquérir des connaissances et de l'expérience en matière de véhicules autonomes. « Une évolution technologique qui transformera fondamentalement notre mobilité dans quelques années, mais aussi la manière dont les assureurs géreront les risques associés », déclare Edwin Klaps, Managing Director. 

Olli 2.0 est officiellement mise en service à partir du 3 septembre 2020. Cette navette électrique entièrement autonome de l'hôpital l'AZ Maria-Middelares de Gand peut transporter jusqu'à 8 passagers. Elle sera utilisée pour transporter les visiteurs sur un trajet de 600 mètres entre l'arrêt de tram voisin et l'entrée de l'hôpital. Même si cette portion de route est peu fréquentée, elle est ouverte aux autres usagers. Grâce à ses capteurs à intelligence artificielle, Olli 2.0 peut détecter ces usagers et d'autres obstacles et ajuster en toute indépendance sa trajectoire et sa vitesse. Dans un premier temps, un accompagnateur sera toutefois présent sur chaque trajet afin de garder un œil sur la situation et de rassurer les passagers. 
 

À propos d'Olli 
Olli 2.0 est un véhicule développé par le fabricant américain Local Motors, spécialisé dans les technologies innovantes pour la nouvelle mobilité. Fait remarquable : 80 % de ses composants sont produits par une imprimante 3D. Son prédécesseur - Olli 1.0 - est déjà opérationnel dans différentes villes américaines, en Australie et en Arabie Saoudite. La version Olli 2.0 qui entrera en service à Gand est en revanche une première mondiale.
 

Évaluer correctement les risques

AG assure la responsabilité de l'hôpital AZ Maria Middelares pour les dommages matériels et/ou corporels que pourraient subir des tiers à la suite d'un accident avec Olli.  
 

Edwin Klaps, Managing Director:
« Pour AG, c'est une occasion unique d'apprendre à connaître, évaluer et mesurer les risques associés à cette tendance de fond vers la conduite autonome. Ces dernières années nous ont déjà permis de nous familiariser avec les technologies qui aident les conducteurs à conduire de manière plus sûre et réduisent les risques d'accidents. Pensez à l'Adaptive Cruise Controle, aux systèmes de freinage d'urgence, à la détection d'angle mort... AG était d'ailleurs le premier assureur belge à encourager leur installation en offrant des réductions sur les primes. Toutes ces technologies ne sont pourtant que le prélude d'une évolution vers des véhicules véritablement autonomes, une évolution qui se fait de plus en plus proche. »
 

Pour établir leur tarification et leurs critères d'acceptation, les assureurs se basent sur les statistiques et les chiffres du passé afin d'estimer les risques futurs. Les technologies innovantes comme les voitures autonomes posent donc un défi puisqu'il n'existe que peu ou pas de points de référence. C'est précisément pour cette raison qu'il est important pour AG de pouvoir participer à de tels projets, qui permettent de se faire une idée plus précise des risques dans un environnement contrôlé.
 

Edwin Klaps: « AG veut continuer à jouer et à consolider son rôle dans la mobilité de demain. Un projet comme Olli, à petite échelle mais dans un environnement réel, nous offre une occasion unique de nous familiariser avec le phénomène des véhicules autonomes et d'apprendre à en évaluer les risques. Nous suivrons donc de près le projet, l'évaluerons régulièrement et, avec le client, examinerons comment et où nous pouvons l'adapter afin de limiter les risques éventuels. »


Prédire l'avenir

Comment AG envisage-t-elle l'évolution de l'assurance des véhicules autonomes ? Elle se fera principalement sentir dans le domaine de l'assurance de la responsabilité civile, et beaucoup moins au niveau de l'assurance de dommages matériels (Omnium). Actuellement, l'assurance responsabilité civile Auto obligatoire est liée au véhicule assuré et à son conducteur.
 

Edwin Klaps: « Nous pourrions assister à une évolution dans le futur, et imaginer un glissement de ce principe vers une assurance responsabilité civile collective du fournisseur de technologie. Mais pour l'instant, il ne s'agit que d'hypothèses. Impossible de dire ce que l'avenir nous réserve. Nous pourrions tout aussi bien évoluer vers un système qui reste essentiellement basé sur les règles de responsabilité existantes et les assurances individuelles par véhicule. »
 

Dans tous les cas, une adaptation de la législation sera nécessaire. Le droit belge et européen stipule pour le moment qu'un conducteur doit être présent dans tout véhicule afin de pouvoir intervenir à tout moment et, par conséquent, que la responsabilité finale incombe à ce conducteur.

Edwin Klaps: « Quant à savoir comment et à quelle vitesse cette législation se transformera, cela dépendra en partie de la rapidité avec laquelle la technologie évoluera. Olli est la meilleure preuve que les choses peuvent aller très vite dans ce domaine. En outre, dans des pays comme les États-Unis, nous voyons de plus en plus de projets qui permettent déjà de rouler de manière autonome ou quasi-autonome sur certains tronçons de grands axes routiers. Néanmoins, je ne m'attends pas à ce que les principes d'assurance changent radicalement en Belgique au cours des 5 prochaines années. »
 

Une des questions clés sera sans doute de savoir comment définir un véhicule 100 % autonome. En d'autres termes : à partir de quand un véhicule sera-t-il considéré comme autonome ?  
 
Edwin Klaps: « Dans tous les cas de figure, tant que nous serons dans un système de transport mixte où des véhicules autonomes en côtoient d'autres conduits par des personnes, une assurance par véhicule sera toujours plus logique et offrira davantage de sécurité aux éventuelles victimes. »

Moins d'accidents ?

Il est tout aussi crucial de savoir si le grand public aura suffisamment confiance dans la nouvelle technologie. La grande enquête sur la mobilité réalisée par AG en 2019 montre déjà que la confiance des Belges est loin d'être optimale. Seuls 25 % des répondants sont convaincus que les voitures autonomes réduiront considérablement le nombre d'accidents. Si de nombreux assureurs partent du principe que la fréquence des accidents va diminuer, ils ne sont en revanche pas persuadés que la charge totale des dommages va elle aussi baisser. Dans l'ensemble, on estime que les accidents pourraient être moins nombreux, mais aussi plus graves. Autrement dit, la technologie devra d'abord démontrer son efficacité et le gain qu'elle apporte en termes de sécurité. Les années à venir seront cruciales à cet égard.
 
 
 
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